Palais de justice de Paris, une affaire de symboles

Les membres du Cercle des Journalistes Juridiques proposent régulièrement en exclusivité une chronique dans une rubrique dédiée sur le site du Club des Juristes

« Palais de justice de Paris, une affaire de symboles

La première audience civile au nouveau palais des Batignolles se tiendra le 16 avril et la première audience pénale le 23 avril. Parmi les ultimes ajustements avant que la justice ne s’y installe ? Poser les symboles. Or, l’affaire est moins simple qu’il n’y parait. L’architecte, Renzo Piano, n’envisage pas d’un très bon oeil en effet que l’on pose des « verrues » sur son oeuvre. Il n’est pas le seul architecte à imposer à la justice ses exigences esthétiques. A Nantes, Jean Nouvel a interdit aux magistrats greffiers et personnels d’apporter des meubles personnels susceptibles de polluer son oeuvre, de même qu’il a proscrit la pose de rideaux aux fenêtres. On y est donc réduit à scotcher des calendriers pour échapper au soleil. A Paris, l’affaire des symboles, oubliée lors de la commande du bâtiment, a suscité des échanges délicats entre l’architecte et la justice quand il s’est agi de déterminer ce qu’on allait mettre et où. La balance déplaisait à l’architecte qui l’a redessinée….sans le glaive et penchant d’un côté plus que de l’autre. C’est esthétique, mais est-il judicieux que la justice se fasse dicter sa symbolique par un artiste si brillant et respectable soit-il ? Plus consensuels, les drapeaux français et européens seront installés à l’entrée mais aussi sans doute à d’autres endroits du palais. Il a été décidé également d’orner les murs de citations extraites des déclarations des droits de l’homme française et européenne ainsi que de la Convention internationale des droits de l’enfants. Enfin, plusieurs salles du nouveaux palais seront baptisées du nom de figures célèbres et respectées parmi lesquelles Pierre Drai, Simone Veil ou encore Robert Badinter. Quant au bâtiment en lui-même, il s’emploie à proposer une justice du 21ème siècle horizontalisée pour rompre avec la verticalité empruntée aux églises dans les palais du 19è siècle, cette « architecture de la peur »pour reprendre le mot d’Antoine Garapon dans son rapport sur « la symbolique du futur Tribunal de Paris » (juillet 2016). Et le magistrat de souligner « Ce n’est donc plus la verticalité de l’obéissance à la Loi qu’il faut symboliser mais l’horizontalité de la civilité ». Une horizontalité de 38 étages, tout de même…. !  »

Lire le rapport dans son intégralité.

Par Olivia Dufour, Présidente du Cercle des journalistes juridiques

Chronique publiée par le Club des Juristes, le 19 janvier 2018.

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