Lors des vœux institutionnels de l’institution représentative des avocats, sa présidente Julie Couturier a profité de la présence du garde des Sceaux Gérald Darmanin pour défendre la profession.

Le 15 janvier 2025, c’est en présence du ministre de la Justice, Gérald Darmanin que le Conseil national des barreaux a organisé ses vœux institutionnels, placés sous le slogan : « En 2025, donnons du souffle à l’État de droit ». Alors que l’accusation d’« emboliser le processus judiciaire » portée par le garde des Sceaux à l’encontre de certains avocats a été réitérée ces derniers jours par les procureurs généraux lors des audiences de rentrée des cours d’appel d’Aix-en-Provence et de Grenoble, la présidente du CNB Julie Couturier a profité de l’occasion pour mettre les points sur les i lors de son discours. « À ceux qui nous disent corrompus, mauvais joueurs et déloyaux, à tous ceux qui font des amalgames, entre l’avocat et son client, à tous ceux qui pensent que les droits de la défense sont des droits négociables, voire des droits à abattre, je réponds, simplement : cette petite musique, ces attaques entendues ces derniers jours à l’occasion de rentrées solennelles de juridictions sont proprement insupportables ». Et d’ajouter à l’attention de Gérald Darmanin : « pour adapter une formule qui vous rappellera sans doute quelque chose : Monsieur le ministre, le problème de la justice, ce ne sont pas les avocats, ce sont les moyens de la justice ».
État de droit. « En 2025, nous ne serons pas le bouc émissaire d’une Justice qui échoue parce qu’elle manque de moyens », a prévenu la présidente du CNB. « Bien au contraire, nous ne lâcherons rien et nous continuerons, sans relâche, à défendre l’État de droit et ses fondamentaux, la hiérarchie des normes, l’égalité devant la loi, la présomption d’innocence, la prescription, le contradictoire et le droit pour chaque justiciable à un procès équitable. Ensemble sur une seule ligne : si l’état du droit peut et doit évoluer, l’État de droit, lui, demeure intangible et sacré ».
Laurence Garnerie, rédactrice en chef de La Gazette du Palais